Des embûches sur la route de l’érotisme

25 Oct 2006

Lorsque Milie, étudiante avec un projet d’ouverture de boutique érotique, m’a demandé dans ses commentaires à mon billet sur la création de Piment Rose si nous avions eu des difficultés particulières pour créer notre entreprise, cela m’a fait sourire.

Oui, la rue des entrepreneurs est remplie d’ornières surtout dans le domaine de l’érotisme.

Voici donc une petite liste – non exhaustive et dans le désordre – de mes difficultés et de celles que Milie pourrait rencontrer :

Bail : désir, plaisir et accessoires érotiques ne font pas bon ménage avec les bailleurs et leurs avocats. Vous ne pourrez vous réjouir que lorsque le bail sera signé. Et veillez à ce que les statuts de votre société + la raison commerciale soient le plus large possible.
Puis surtout ne pas oublier qu’en matière de boutique, l’emplacement est clé. Mieux vaut petit et bien placé que grand et aux oubliettes !

Compte en banque : l’ouverture d’un compte relève parfois du parcours du combattant. Je suis la bienheureuse cliente de la Banque Populaire BPCA. Mais, par exemple, le crédit Lyonnais a refusé de donner suite car cela « ne correspondait pas à l’image que leurs actionnaires attendent de leur service ». Comme quoi, chez eux, personne n’a de sextoys…

La Poste : attention aux fonctionnaires un peu trop zélés qui confondent ordre moral et service public. Lorqu’en novembre 2003, j’ai envoyé par mailing mon petit catalogue aux gens « consentants », une employée trop – allez je suis gentille et je vais dire : consciencieuse a refusé de nous l’envoyer, car porno. A ce compte là, bien moins que celui de la Redoute. Ce refus n’a pas duré très longtemps; quelques coups de fils plus tard et de la persuasion ont suffit pour réactiver le processus.
Comme quoi tout dépend sur qui vous tombez. Je ne me plains pas, l’équipe de la poste du Rouret est très sympatique!

Législation : un domaine où il existe un flou très artistique. Prenez :
1) conseil avec un bon avocat et
2) RV avec Baptiste Coulmont, sociologue à l’Université de Paris, spécialiste des questions relatives à la sexualité et aux sexshops.

Pour conclure, car il est tard ! prenez votre temps estimé d’installation et multipliez le par 2, idem pour les fonds financiers et n’oubliez pas de cultiver une dose essentielle d’humour et d’optimisme inébranlable.

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Nathalie Giraud Sexotherapeute
Nathalie Giraud Sexotherapeute

commentaires

  1. ah oui… déjà qu’elle est pas facile la vie d’entrepreneur, donné naissance à son entreprise… alors pour en créer une sur le sexe, c’est un exploit…
    En tout cas, tu l’as bien dit : Il ne faut pas lâcher le morceau et si il y a trop de monde qui devant la porte, passe par la fenêtre, si un employé dit non, l’autre avec un grand sourire dira oui…

  2. beaucoup de boulot en perspective !!

    Merci 😉

  3. gros matou affirme: novembre 20, 2006 at 2:08

    Avis sincère de gros matou : tu dois avoir conscience aussi que selon l’endroit où tu ouvres( clientèle suffisante donc variée) tu auras affaire à des hommes privés de sexe, un peu hagards et mal dans leur peau qui vont te faire un peu peur parfois, c’est je pense une chose qui a compté pour nathalie. Si tu fais qqch de différent des grands distributeurs de sexe mais où l’ambiance est plus relax que dans ces petis sex-shops assez glauques, tu auras la concurrence de ces grands distributeurs -VPC, d’où Pb commercial ! Réfléchis bien à l’endroit et au contexte : je ne suis pas sur qu’il n’y ait pas une sorte de racket dans ce type de magasin (je suis de marseille, donc c’est une déformation que de voir le "milieu" partout, mais ici boites de nuit, bars, sont souvent "controlés", alors sex-shops, je ne sais pas, mais les prix étant multipliés pas mal ( nathalie doit savoir..) l’intervention du "milieu " est possible. Renseigne toi de façon précise, qqn de ma famille dans la police m’en a parlé Sinon très bonne idée car la VPC a ses limites et trouver une femme qui vous explique les usages et limites des sex-toys sur place, c’est très nouveau et m’intésserais au plus haut point. Je n’ai pas honte mais je ne vais plus dans les sex-shops ordinaires : je n’y trouve ni les objets, ni les livres, ni l’ambiance qui m’intéresse : je ne suis pas privé de sexe mais cherche plus d’excitation, plus de jouissance et l’imagination d’une paretenaire ne me suffit pas : elle est à ma remorque .. Alors vive piment rose et bonne chance si tu ouvres qqch dans le Sud : je serai client, meme si tu fais concurrence à piment rose il y a de la place pour tous..Offres nous la possiblité d’avoir des orgasmes plus nombreux, plus forts et nous vivrons plus heureux. Si tu es intéréssée par un dialogue, possibilité d’avoir mon e-mail. réponds ici, ce sera l’avis d’un futur client peut-etre …

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