L’âge d’or du cinéma porno en France, part 2

L’âge d’or du cinéma porno en France, part 2
31 Juil 2016

Dans les années 70, le cinéma porno commence à faire recette en France

…. Suite 2 de mon post sur « L’âge d’or du cinéma porno en France»

Les films porno des années 70 plongent dans l’histoire sociale et politique de la France. En sous-texte, ils racontent une époque enthousiaste, pleine de vitalité, où l’on écoute enfin les jeunes. Une époque au souffle libertaire qui désire ardemment s’amuser.

Porté par le porno américain qui arrive alors sur les écrans, le cul commence à faire recette en France.

Les réalisateurs de films Gérard Kikoine et Michel Barny se souviennent qu’ils étaient alors « vraiment des aventuriers », vivant la nuit, mus par une forme d’inconscience.

Nous sommes après 1968, dans une époque inédite qui succède au flower power américain, se remémorent-ils. La France sort alors d’une chape de plomb gaullienne. Quand arrive ce souffle libertaire, les réalisateurs s’y engouffrent avec la volonté farouche de s’amuser. Mais s’ils veulent faire des films de cul, ils veulent avant tout faire des films. Les deux cinéastes insistent : à l’époque, c’étaient des gens de cinéma qui essayaient de faire des films de cul, aujourd’hui c’est l’inverse.

« Nous voulions faire des films avec des dialogues, des situations, un point de vue et des scènes avec des gens épanouis qui s’envoyaient en l’air ».

livre-brigitte-lahaieComme les films Blue One avec Brigitte Lahaie ou bien ceux d’Erika Lust que nous proposons sur le site de Piment Rose.

En 68, le mot d’ordre était : prendre le pouvoir. Dans les années qui suivent, faire des films de cul est une forme de transgression et de prise de pouvoir pour les réalisateurs. Mais il s’agit bel et bien de réaliser des films d’amour avec de l’affect, des sentiments, de la vie tout simplement ! Et comme substance nutritive : une pointe de malice !

Un âge d’or économique et industriel pour le cinéma pornographique

Michel Guy, ministre de la culture de Giscard d’Estaing, autorise l’exploitation cinématographique du porno, libéralisant du même coup la pornographie. En permettant sa diffusion dans des salles commerciales, il ouvre la porte à un âge d’or économique et industriel du cinéma pornographique.

Il n’est plus nécessaire de partir à l’étranger pour regarder du X dans des salles obscures.

Les mentalités changent en matière de sexualité et on va le voir au cinéma.

C’est la ruée, les salles sont pleines. Dans chaque arrondissement de Paris il y en a au moins une qui passe un film érotique ou pornographique ! Et pas seulement dans la capitale!

Jusqu’au début des années 80, la production est intense et la fréquentation aussi.

Après « Le Sexe qui parle », le cinéma porno hérite de vrais budgets

Pour les critiques de cinéma, l’engouement est lié au succès du « Sexe qui parle ». Gros carton au box office, le film se vend dans le monde entier et rapporte beaucoup d’argent.

Electrisé, son producteur demande que l’on en tourne un autre tout de suite avec un vrai budget confortable. Avec ces nouveaux moyens, c’est du temps qui est offert au tournage et c’est un luxe inouï.

Début d’une période magique et prodigieuse au cours de laquelle les films rapportent de l’argent au cinéma français dans sa globalité !

Les scènes de cul ont une fonction scénaristique

Tout était écrit sérieusement mais on s’amusait, se souviennent les deux réalisateurs, Gérard Kikoine et Michel Barny. Le mot d’ordre est : ne nous prenons pas au sérieux mais travaillons sérieusement. Dans ce sens, ces films cul-tes sont autant de voies vers une éducation sexuelle plus riche que  celle des gonzos tournés à la chaine !

Au cours de cet âge d’or du X, les réals s’entourent de vrais chefs op qui viennent du cinéma traditionnel. La lumière est soignée, une styliste s’occupe des… costumes car le rendu est très important. Et la plupart du temps, les scènes de cul ne sont pas gratuites, elles ont une fonction scénaristique.

Il faut rendre hommage aux hardeurs de l’époque

Marylin Jess actrice porno

Marylin Jess

Soumis aux obligations d’un vrai scénario et d’une direction artistique digne de ce nom en dépit des contraintes du genre (huit scènes de coït minimum à caser par film….), les hardeurs en subissent les contraintes… débandantes. Toutes les deux minutes on interrompt la scène. Pendant que l’on change d’axe, d’éclairage, etc., ils doivent tenir l’érection ou la récupérer. C’est un sacré pouvoir que celui de bander, débander, éjaculer à la demande, félicitent les deux cinéastes !

Désormais aussi, les films ne se font plus avec des prostituées mais avec « the girl next door » et, s’enthousiasment-ils, cette nouveauté est une révolution totalement féminine à laquelle le MLF ne trouve rien à redire.

Ainsi, les films X de cette époque marquent une conquête féminine qui fait partie de la libération de la femme. Difficile d’en dire autant aujourd’hui.

Les actrices sont alors, la plupart du temps, des filles qui rêvaient de faire du ciné et d’exploiter leur physique. L’avenue Foch, celle des partouzes, pas de trottoirs ! est une grande pourvoyeuse d’actrices qui ont envie d’un rôle.

Le milieu est bien différent durant ces années fastes : le monde du X est une famille. Les acteurs se retrouvent souvent. Marylin Jess se souvient : On était bien ensemble. Ce n’était pas un travail, pas un business, on tournait des scènes d’amour avec de beaux garçons…

… A suivre

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Nathalie Giraud Sexotherapeute
Nathalie Giraud Sexotherapeute

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