Le jeu du pegging ou devenir une femme pénétrante

Le jeu du pegging ou devenir une femme pénétrante
09 Mar 2017

Jouir d’inverser les roles, jouir de pénétrer son homme avec un gode ceinture lorsque l’on est une femme ou d’être pénétré par une… femme, c’est tout l’art du pegging ou chevillage en français.

Jeu amoureux dont on trouve déjà la trace sur les murs de Pompéi, le pegging peut se pratiquer à l’aide d’un godemichet double sans ceinture comme le Feeldoe de Tantus ou le Share de Fun Factory. Il ouvre alors la voie Gode double dsans ceinture Feeldoe de Tantus pour peggingà un extraordinaire plaisir partagé. Pour cela, il est nécessaire de dépasser le tabou de la sodomie, ceux des interdits moraux, culturels et religieux liés au plaisir de la sexualité anale.

Cela fait maintenant plusieurs années que je parle de cette pratique ! Mon article en 2008 sur le Feeldoe ou le plaisir partagé

Le jeu du pegging ou devenir une femme pénétrante

Le pegging questionne la femme sur sa place dans l’acte amoureux. Lorsqu’elle pénètre physiquement son partenaire avec un gode ceinture (ou sans ceinture), elle accepte sa dimension masculine ou “Yang”. Elle devient actrice, en jouit et fait jouir. Faut-il rappeler que toute la région anale est riche de terminaisons nerveuses et donc de sensations ?

Transgresser ses propres interdits, c’est le premier plaisir non physique mais purement “intellectuel” donné aux femmes par le jeu du pegging. Mais il leur est possible d’aller plus loin en éprouvant elles-mêmes une jouissance décuplée. Grâce aux recherches actives de Mia, une américaine lesbienne militante, les femmes qui utilisent le Feeldoe de Tantus explorent aussi un puissant plaisir physique. Grâce à la vibration et à la stimulation du point G de ce sextoy sans ceinture, celles qui le portent sont excitées de plusieurs façons : interne mais aussi externe, tout au long de leur vulve et de leur clitoris.
Concrètement, le Feeldoe est un gode sans ceinture, c’est-à-dire sans sangles, ni harnais. Il est composé d’une petite tête au bout arrondi et d’une partie phallique. La première se positionne soit dans le vagin, soit dans dans l’anus, la seconde étant utilisée pour pénétrer sa / son partenaire.

Attrait supplémentaire, le Feeldoe est fourni avec une petite capsule vibrante. Lorsque cette capsule est insérée à la base du coude, reliant les deux extrémités du gode, elle transmet ses vibrations à l’ensemble du sextoy. Le plaisir des deux partenaires est ainsi puissamment stimulé.

Pegging ou comment bousculer ses freins pour une jouissance décuplée

le jeu du pegging vu dans un dessin humoristique de Secrets de Coquines

Remerciements à Secrets de Coquines pour son illustration

Du côté masculin, l’homme qui accepte d’être pénétré accepte en meme temps le lâcher prise. Pas évident pour celui qui s’est toujours positionné, et que la culture a toujours considéré comme “puissance” pénétrante.

C’est difficile de changer physiquement de position et d’accepter de s’abandonner totalement en conférant le rôle actif et le contrôle à sa partenaire.

Pourtant, il existe un réel plaisir psychologique à se rendre et se soumettre. À accepter sa dimension “Yin”, celle qui accueille et explore.

Et que dire du plaisir prostatique dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises et pour lequel j’anime des ateliers pédagogiques – voir les dates sur atelier sexo -Ce plaisir physique du point P comme prostate qui peut être abondamment stimulé, ainsi que toute la région anale.

En étant ouvert à ces découvertes sexuelles, en explorant ce jeu sexuel transgressif, l’homme manifeste qu’il n’a plus peur de la puissance sexuelle de la Femme. Et qu’il est prêt à se re-jouir … autrement !

Crédit Photo : Ressan et son magnifique ouvrage Paris Libertin en vente sur www.pimentrose.biz

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Nathalie Giraud Sexotherapeute
Nathalie Giraud Sexotherapeute

commentaires

  1. JohnnyDepp affirme: juillet 25, 2017 at 2:41

    Merci pour cet article très intéressant! C’est important pour moi d’avoir un avis féminin car ça prouve que cette envie ne provient pas seulement d’hommes détraqués ou masochistes. Car je n’ai pas l’impression d’être détraqué. Je suis un homme hétérosexuel (vraiment uniquement attiré par les femmes) et normal (pas quelqu’un de soumis, mais plutôt viril). Et pourtant je rêve vraiment d’une femme qui ressentirai l’envie de me faire ça… J’avoue ne pas bien comprendre ces pulsions et être un peu perdu. Si une femme ressent les mêmes envies et voudrait bien en discuter en privé pour m’éclairer??

  2. Nathalie Giraud Sexotherapeute Nathalie Giraud Sexotherapeute affirme: juillet 28, 2017 at 5:13

    Bonjour JohnnyDepp,

    Non les hommes qui s’intéressent à cette pratique ne sont ni « détraqués » ni « masochistes ». Ils sont curieux, ouverts aux plaisirs et sont libres des étiquettes normatives que la société pourrait coller sur leur sexualité !
    Comme je l’ai écrit dans ce post, cela existe depuis plusieurs milliers d’années (la preuve sur les murs de Pompéi).
    De plus, « Du côté masculin, l’homme qui accepte d’être pénétré accepte en meme temps le lâcher prise. Pas évident pour celui qui s’est toujours positionné, et que la culture a toujours considéré comme “puissance” pénétrante.

    C’est difficile de changer physiquement de position et d’accepter de s’abandonner totalement en conférant le rôle actif et le contrôle à sa partenaire.

    Pourtant, il existe un réel plaisir psychologique à se rendre et se soumettre. À accepter sa dimension “Yin”, celle qui accueille et explore. »

    Remplacez « ces pulsions » par « cette curiosité » et déjà le jugement se lève…
    Remplacez « pulsions » par « envie de lâchez prise », de se libérer de sa part de contrôle et vous aurez des indices de compréhension 🙂

    De plus, si la sodomie semble être jouissive pour une femme, elle l’est aussi pour l’homme. Même anus, même canal du sphincter, mêmes sensations physiques ! Votre cadeau, vous les personnes porteuses d’un pénis (pour être PC) c’est votre prostate !

    Je vous souhaite de découvrir la partenaire avec laquelle vous pourrez explorer ce plaisir, ces jeux de rôles dans la bienveillance et l’ouverture la plus grande et … joyeuse !

  3. JohnnyDepp affirme: juillet 29, 2017 at 4:07

    Merci beaucoup d’avoir répondu à mon commentaire Nathalie Giraud!
    Petite précision : lorsque je disais que j’étais hétérosexuel et normal, je ne voulais pas insinuer que les homosexuels sont anormaux (loin de là), mais seulement que je n’ai pas d’envies ni de curiosités homosexuelles. Et c’est pourquoi ça me laisse tant perplexe.
    Si j’aime les femmes pourquoi est-ce que j’aimerais en avoir une qui cherche à me prendre « comme un homme » et qui voudrait me faire jouir « comme une femme » ?
    Si je ne suis pas masochiste pourquoi est-ce que j’aime l’idée que la femme prenne le pouvoir et prenne plaisir à me regarder « subir » cette sodomie ?
    J’ai lu des articles sur les transgenres et les théories du genre mais je ne me reconnais pas la-dedans, je n’ai jamais eu envie d’être une femme ni eu de problème avec le fait d’être un homme.. Pourquoi alors ai-je ce fantasme d’inversion des rôles homme/femme et dominant/soumis sous la couette ?? Faut-il forcément que la femme ait des envies de jouir comme un homme et des pulsions de dominatrice pour éprouver ce fantasme ?
    Comme vous le dites c’est « l’envie de lâcher prise » qui me fait rêver dans le pegging et l’idée qu’on me fasse perdre le contrôle sur tout au point que n’ai plus qu’à me laisser aller sans arriver à penser à rien pour une fois dans ma vie…
    Seulement je suis plutôt romantique et (bien que j’ai ce fantasme) je conçois le sado-masochisme et les rapports soumis/dominateur comme quelque chose de déviant (je crois en la supériorité des rapports homme/femme équilibrés à 50/50 sur les rapports déséquilibrés). Car la jouissance sexuelle n’est pas le but ultime de ma vie et j’ai peur qu’en m’abandonnant à cette pratique je fasse l’erreur, comme dirait Platon, de confondre le plaisir sexuel avec le véritable Bonheur (eudaimonía).

    • Nathalie Giraud Sexotherapeute Nathalie Giraud Sexotherapeute affirme: août 3, 2017 at 10:27

      Bonsoir JohnnyDepp,
      Ha ce sacré mental …
      Il me semble qu’à vous lire, il y a de la confusion qui induit des jugements moraux dans les termes choisis.
      Vous parlez de « sado-masochisme » comme si la pratique du pegging ou de la sodomie proposée par une femme sur un homme en faisait partie. Je me demande d’où vous vient cette croyance là…
      Vous parlez aussi des envies pour la femme de jouir comme un homme comme si elles étaient obligatoirement liées.
      En fait le champ d’exploration est bien plus vaste. Il va au delà du rapport dominant / dominé, au delà de la jouissance sexuelle comme vous l’exprimez. Souffler, respirer, embrasser, faire confiance, totalement, réellement, s’abandonner, perdre le contrôle passe parfois par une « soumission » volontaire, une reddition in-conditionnelle, dans un cadre sécure, aimant, bienveillant, compatible avec le romantisme 🙂
      Enfin, de quelle façon pourriez-vous donc confondre « le plaisir sexuel avec le véritable Bonheur » ? Qu’est-ce qui vous fait croire que cela pourrait arriver ? Chercher dans le passé vous donnera sans doute quelques pistes de réflexions 🙂

      Comme vous le dites, c’est une grand cadeau

      • JohnnyDepp affirme: août 7, 2017 at 12:26

        Merci encore,
        « Il existe un réel plaisir psychologique à se rendre et se soumettre ». Je suis totalement d’accord avec ça mais du coup c’est bien SM. Du SM soft certes mais quand même SM. Ce qui me plait dans le pegging c’est l’image de suprématie féminine sur l’homme que ça renvoie. Suprématie à la fois physique (contrôle de la jouissance anale) et cérébrale (savoir que la femme prend un malin plaisir à regarder son homme être soumis au bon vouloir de ses vas-et-viens au gode-ceinture). Vous n’êtes pas d’accord là-dessus? ^^
        Cependant, aussi bien que l’idée d’une suprématie masculine sur la femme me dérange, une suprématie féminine sur l’homme me dérange aussi. Il n’y a qu’à regarder l’image en haut de l’article pour apercevoir le rapport dominant/dominé (même si, je suis d’accord, il y a tout un partage de sensations à côté, une exploration du côté yin, une découverte de soi et de son corps etc..).
        Pour faire simple : j’aimerais avoir une femme qui aime jouer ce rôle de dominante et pénétrante, mais
        1- Je ne suis pas convaincu que ce soit très saint pour l’esprit de jouir sur des envies sado-masochistes. Qu’en pensez-vous ?
        2- Et de toute façon, j’ai l’impression que peu de femmes ont ce désir d’être pénétrante et je ne voudrais pas qu’on me fasse ça « pour me faire plaisir ». Mais là peut-être que je me trompe étant donné que cet article est écrit par une femme… 🙂

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