Le porno n’est pas érotique

23 Nov 2006

Lu dans les indiscrétions de l’Express de cette semaine :
Il y a encore quelques années, la différence entre un film porno et un film érotique reposait sur la crudité des scènes de sexe.

En 2000, la Commission de classification des œuvres cinématographiques rétablissait, pour Baise-moi de Virginie Despentes, l’« interdiction au moins de 18 ans » en lieu et place d’un « classé X » qui bloquait la distribution, les salles X ayant disparu.
Aujourd’hui, le très très sexué Shortbus de John Cameron Mitchell, sorti le 8 novembre, risque de faire jurisprudence avec son « interdiction aux moins de 16 ans assortie d’un avertissement ».

« Nous jugeons une œuvre dans sa globalité, confie un membre de la Commission. Nous n’avons pas de grille formatée. Si l’on voit beaucoup de sexe dans ce film, il y a avant tout un discours et un contenu intellectuels. » Un avis partagé par la majorité des 27 membres de ladite commission et qu’a suivi le ministre de la Culture, seul habilité à délivrer le visa d’exploitation.

Bonne nouvelle, la différence entre pornographie et érotisme, cela serait donc quand ils baisent et ils pensent, donc quand il y a du contenu entre les fesses (enfin, entre les scènes de)…

Et voilà la question de lancée. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Nathalie Giraud Sexotherapeute
Nathalie Giraud Sexotherapeute

commentaires

  1. Cela me paraît être du cas par cas assez étonnant. Sous prétexte de mettre des interrogations pseudo-intellectuelles entre les scènes pornographiques, un film perd de sa pornographie ? Depuis quand, dans un film pornographique, on se pose des questions et on écoute les dialogues ?… 😉

  2. Depuis que les films ont cessé d’être muets ! 🙂

  3. Ralphi > je ne vois pas ça tout à fait comme ça, mais je me trompe peut-être. Je pense que la commission fait la différence entre un film dont les scènes de sexe sont une fin en soi (donc scénario "prétexte", histoire quasi inexistante – le porno, quoi 😉 ) et un film dont les scènes de sexe sont intégrées au fil d’une histoire, d’un scénario ou d’un sujet qui est l’élément premier du film (autrement dit : le film aurait quand même eu un sens même si les scènes de sexe n’avaient pas été explicites).
    Cette distinction me paraît plutôt raisonnable 🙂

  4. excelsior affirme: novembre 24, 2006 at 10:52

    Que penser alors de la censure imposée à "Baise-moi" de Virginie Despentes ? Je vous invite à écouter l’émission d’hier sur France Inter (La bande à Bonnaud) qui est podcastable et qui lui était consacrée à la suite de la sortie de son dernier bouquin, King Kong Theorie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la souffrance qui a été la sienne suite à la censure de son film et de l’objectif qu’elle poursuivait en le tournant. Deux poids deux mesures… surtout quand le film est réalisé par une femme avec des actrices de X.

  5. Je suis d’accord avec Eos et Excelsior.
    L’aspect porno dépend du contexte et comme pour les tailles, il peut être classifié du X au XXXL avec différents degrés du soft au hard.
    Moi, je m’y retrouve dans la distinction qui passe par la tête, par le sens. Quant à la question : oui et alors ? la réponse est : alors Rien. Alors = porno .
    Et comme toute définition qualitative, elle est aléatoire et malheureusement parfois un peu trop politiquement correcte.

  6. Ce qui est alors gênant, ce n’est pas tant que tel ou tel film soit qualifié de porno ou d’interdit aux moins de 18 ans. Ce qui est gênant, c’est que les films pornographiques soient exclus des cinémas, non ?

    Et puis… c’est tout de même pas mal hypocrite d’interdire la pornographie aux mineurs, tout en sachant que l’âge moyen du premier film pornographique est aux environs de 13 ans, et l’âge du premier rapport sexuel est de 17 ans.

  7. excelsior affirme: novembre 27, 2006 at 10:00

    ok Ralphy, mais les premiers émois des gamins ne doivent-ils pas passer par un peu de romantisme ? L’amour est une affaire sérieuse 😉 souvenez-vous de vos 15 ans. l’image de la femme véhiculée par le porno est celle d’une femme objet soumise, aliénée. pas celle d’une femme libre et désirante, n’est-ce pas Piment Rose ;-)) ?
    je te prends et te reprends et te retourne et t’éjacule sur la g… Franchement, c’est ça le rêve pour un môme ?Vous avez envie que vos enfants aient cette première image-là de vos / nos ébats ? C’est ça faire l’amour ? Ah bon ? C’est comme ça que c’est bon ?
    Moi non. clairement NON. Franchement NON, SUREMENT NON!
    et puis, je vais pas vous refaire le coup des histoires de la banlieue et de ses tournantes (on fait comme on voit dans les films), mais pensons-y, nous, adultes responsables et consentants…. Quelle image souhaitons-nous donner à nos enfants ?
    Quant au film de Virginie Despentes, la censure a, selon elle, voulu interdire l’image de la violence plus que celle de sexe(s) en gros plan. Comme elle le disait (si bien ?, là est la question), dans notre société, les femmes ont le droit d’être à leur place, pas à celle des hommes, ce qu’elle a traduit d’une formule acide mais si juste "les femmes n’ont pas le droit d’être aussi connes que les hommes".
    Dont acte. Restons intelligentes….

  8. grosmatou13 affirme: novembre 30, 2006 at 9:23

    Je me rappelle un film en N-B avec ROMY et DUTRONC notamment, avec une musique très triste mais qui était très érotique (l’important c’est d’aimer) est-ce que vous vous en rappelez ? L’ensemble était très érotique avec des scènes hards pour l’époque et je l’avaiçs vu dans un ciné d’art et d’essai. Voilà un très bon souvenir. Quant aux films pornos actuels, il ya beaucoup trop de sexes tout roses , velus ou lisses en très gros plan ! Ce n’est pas l’histoire qui y change quelque chose pour moi . Ce qui m’excite c’est vopir monter l’excitation chez un homme ou une femme, le (la) voir se tordre sous l’effet des caresses, gémir vraiment de plus en plus fort, en fait ce n’est plus du cinéma mais de la vérité. C’est plutot rare, mais ça existe aussi, il n’y a pas que des coups de rein vindicatifs où la femme n’est plus choyée mais "baisée" et où un partenaire normal jouirait en 2 mn s’il continuait ces "pompes magiques" Pour jouir avec lenteur et faire jouir la femme vraiment, il vaut mieux aller plus lentement, au bon endroit de son vagin, c’est en lui demandant , si elle est libérée . Ces films sont faits pour exciter ceux qui fantasment mais ne connaissent pas les femmes. La gravité du problème, c’est que des jeunes sans autres expériences se font une fausse idée des femmes qu’ils mettront toute leur vie à oublier s’ils ne trouvent pas une partenaire qui ose les remettre dans le droit chemin,; c’est aussi que certaines bandes qui en fait ont peur de la sensualité féminine en arrivent à se mettre en force pour réliser ce qu’ils n’oseraient jamais faire seul à une femme : la vraie jouissance féminine avec ses mouvements des hanches ,du bassin, du cou, ses onomatopées, grognements et cris quand vraiment elle jouit pour de bon, tout cela fait peur aux hommes sans expérience. Moi, il n’y a que cela qui m’excite vraiment, mais c’est la réalité et la filmer avec des acteurs (trices) dont c’est le métier, c’est dur OK . Quelques films existent avec de telles scènes : ce sont surtout des masturbations féminines où la femme arrive à se déconnecter complètement de la réalité, de la caméra qui filme à qqes mètres d’elle , à éjaculer meme ce qui prouve la sincérité de l’excitation et du plaisir (femmes fontaines) Les éjaculations masculines, les cris par contre ne m’excitent pas, les gros sexes non plus (combien ont eu des complexes à la vue de ces supers pénis ?) Voilà quelques méfaits des pornos actuels, ne parlons pas des sado-maso hards qui sont légitimes si les deux sont volontaires mais peuvent pousser des idiots à forcer des partenaires à ce qu’elles ne veulent pas…. Respecter l’autre, c’est le début, vouloir le faire jouir avant soi, c’est la deuxième étape, s’occuper bien de soi et de l’autre c’est le troisième point, que l’on soit homme ou femme avec une femme ou un homme… On ferait mieux de montrer des films mettant en scène des hommes-femmes pratiquant des exercices pour renforcer leurs muscles internes (pubbo-coxygiens) ou les façons de masser sensuellemnt sa (son) partenaire de la (le masturber: excitation du clitoris, des lèvres, du pénis ) en images avec des sons réels etc .. Là ce serait érotique et pratique Fantasmerai-t-on moins, ce n’est pas sur, moi en tout cas ces scènes m’exciteraient beaucoup plus et elles permettraient de mieux satisfaire sa (son) pârtenaire Quelqu’un qui a beaucoup réfléchit, regardé quelques pornos et un peu pratiqué … C’est quand meme mieux …

  9. tagador affirme: février 5, 2007 at 7:27

    Je fais partie de ceux qui ont vu leur premier film porno à l’âge de 11 ans. C’est pas de ma faute, lol, c’est le voisin qui avait piqué les k7 de son père.
    A l’époque, ça m’intéressait pas trop, je trouvais ça un peu violent. J’aimais bien voir des dames toutes nues, mais les scènes de parthouse je trouvais ça bizarre (Moi : "hé, mais, c’est deux femmes qui s’embrassent !"; mon pote "ben oui, pourquoi ?").
    Je pense pas que cette "expérience", m’ait rendu moins romantique ou moins respectueux des femmes. Elles n’ont pas l’air de le penser non plus, lol.
    Pour certains, oui, sans doute, mais comme pour toi, leur vision du monde ne dépend pas seulement de ce qu’ils voient à la télé, mais surtout de ce qu’ils vivent au dehors.
    Maintenant, on peut regretter que la plupart des films pornos soient si mécaniques (pipe-anal-éjac facial), à part quelques auteurs qui réussissent à apporter un peu d’intérêt à la chose (les films lesbiens de Viv Thomas, par exemple), mais il faut pas se leurrer, non plus : on regarde pas ça pour réfléchir, on regarde ça avant tout pour s’exciter, homme ou femme d’ailleurs. Comme beaucoup de films non-pornos sont conçus de façon mécanique, dans le seul but de distraire, des scénarios et acteurs pré-formatés. Je ne dis pas que c’est une bonne ou mauvaise chose, mais qu’on ne peut pas attendre d’un film porno ce pour quoi il n’a pas été fait.
    Si j’en regarde un, je ne regrette pas que l’auteur n’ait pas mis plus de réflexion entre les scènes, je regrette que les acteurs/actrices, jouent aussi mal, qu’il n’y ait pas un scénario plus approfondie, plus "crédible", que ce soit toujours les mêmes recettes.

  10. Je tombe sur ce post avec … 2 ans de retard ! Mais ce qui m’ importe c’ est de me rendre compte qu’ il en est pour le cinéma comme pour tout. On classe les film pour arranger tel ou tel amis, sans vraiement tenir compte de l’ interet du public. En tout cas c’ est ce que j’ en pense.

  11. Film porno = masturbation et film "érotico-porno" = masturbation … intellectuelle.
    Le problème avec la censure est qu’elle porte un regard et un jugement (im)moral sur le discours et le contenu des films. Pour preuve Shortbus (que j’ai adoré) et Baise-moi.
    Quant à l’intérêt du public, il vient à postériori quand la commission de classification a déjà rendu son verdict.

    Que les films porno soient exclus des salles de ciné ne me gênent pas; Comme il n’y a déjà plus de petits cinéma, je préfère que les salles qui restent, s’ouvrent à d’autres "oeuvres" que je ne vais pas retrouver aussi facilement sur le net ou dans les cabines vidéos des sex shops !

    Tiens, c’est marrant, mon catcha anti-spam pour ce commentaire c’est AMOUR …

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