L’effet Michel-Ange : le secret des couples qui durent

28 Mar 2008
Dans les couples, il semble que les partenaires aient une image idéale préconçue de leur relation dès le début de leur romance.

L’effet Michel-Ange explique pourquoi certains couples arrivent à concrétiser leurs idéaux dans la réalité.Quand il regardait un morceau de marbre, le sculpteur Michel-Ange disait qu’il voyait d’emblée et très clairement la forme qui allait en sortir. Son travail consistait ensuite à ‘simplement’ libérer cette forme de la masse de la pierre. Or, il semble qu’un mécanisme analogue soit à l’œuvre dans la vie de couple. C’est ce que l’on appelle l’effet Michel-Ange.

Libérer une forme de la pierre

La plupart des couples commencent leur histoire d’amour en tombant amoureux. Cet état très particulier produit des émotions intenses et caractéristiques. L’amoureux n’a de cesse de revoir l’Autre, passer du temps en sa compagnie, le toucher, le caresser. Et hors de sa présence, il consacre bon nombre de ses pensées à cet Autre tant désiré. Une étude a mis en évidence que, dans cet état, l’on peut ainsi passer plus de 80% de son temps à penser à son amoureux…

Plus de 80% de son temps à penser à son amoureux

Il est évident qu’un tel état, même s’il est merveilleux, ne peut pas durer. Un amoureux est moins performant dans ses études, moins productif dans son travail, moins sociable avec ses amis, moins attentionné avec sa progéniture. C’est donc naturellement que l’état amoureux cède la place à un autre type d’expérience : l’amour. Celui-ci est beaucoup plus calme et se caractérise par une profonde complicité, une grande tendresse, de même qu’une sincère sollicitude envers l’être aimé. Il amène les partenaires à s’engager l’un envers l’autre.

L’état amoureux ne peut pas durer

La description de ces deux expériences montre qu’il y a un passage important de l’une à l’autre. Alors que la première se vit tout naturellement (on ne la décide pas), la seconde nécessite un grand travail de la part des partenaires. De plus, la sortie de l’état amoureux peut se produire de façon brutale. Comme dit le langage populaire, on tombe de son petit nuage. En d’autres termes, on cesse d’idéaliser l’autre pour se positionner dans la réalité.

Tomber de son petit nuage

Il y a alors deux possibilités. La première est la version triste de l’histoire, puisqu’elle se termine ici. Face au désillusionnement, l’un des amoureux considère que l’autre ne fait vraiment pas le poids : il est en fait rempli de défauts qui n’avaient pas été perçus auparavant. De plus, les émotions intenses n’étant plus au rendez-vous, il pourrait également en accuser son partenaire… et chercher ailleurs pour retrouver ces sensations exquises.

Chercher ailleurs ces sensations exquises

Heureusement, il y a une autre fin possible à cette histoire, heureuse cette fois-ci. Nous entrons tous dans les relations amoureuses avec une illusion, à savoir l’idéal de ce que l’on cherche. Si le coup de foudre nous aveugle momentanément, il arrive toujours un moment où la réalité sans fard s’impose à nous. C’est là qu’intervient l’effet Michel-Ange. Au lieu de renoncer à cette illusion, nous allons essayer de la concrétiser dans le réel.

Pousser l’autre à se surpasser

Comme Michel-Ange révèle au public la forme contenue dans le marbre, le partenaire permet à la personne aimée de donner le meilleur d’elle-même, en un mot à se surpasser. Grâce aux encouragements répétés du partenaire, cette personne va effectivement ‘s’améliorer’, c’est-à-dire se rapprocher de l’idéal. Comment est-ce possible ? Simplement par renforcements successifs des comportements appréciés. Chaque fois que le partenaire récompense une attitude ou un geste (sourire, bonne humeur, félicitation, cadeau, sortie), il l’encourage à reproduire l’attitude et le geste.

Tout le monde n’est pas Michel-Ange

Il est vrai également que tout le monde n’est pas Michel-Ange, et que rares sont les personnes capables de faire sortir un Moïse d’un bloc de marbre. Pour que c’est effet soit efficace dans les couples, deux conditions doivent être remplies : l’idéal ne doit pas être trop loin de la réalité. Sinon quoi, on ne peut révéler l’autre à lui-même, mais uniquement l’aliéner en le forçant à être ce qu’il n’est pas. La deuxième condition coule de source : il faut un réel désir de s’engager dans la relation.

Avec l’aimable autorisation d’Yves-Alexandre Thalmann

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Nathalie Giraud Sexotherapeute
Nathalie Giraud Sexotherapeute

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