Infidélité, libertinage, ouverture pour le couple ?

Infidélité, libertinage, ouverture pour le couple ?
12 Déc 2007
Etre à deux, de manière officielle, c’est mettre en place, de façon implicite, un « contrat ». La toile de fond de cette « clause » étant la notion de fidélité aux accords bien plus vaste que ceux d’une union exclusive des corps voire des esprits.
Si le libertinage est interprété comme étant synonyme d’infidélité pour certains, pour d’autres, il vient renforcer les liens du couple dans un jeu de rencontre partagé.
Un article de  Milène Leroy, mon amie sexologue. (Modifié le 7 juillet 2016)

Apprendre à notre entourage que l’on est devenu un couple, c’est s’engager formellement et partager des «règles communes». Mais les comportements amoureux de chaque duo peuvent pourtant ne pas être structurés par la morale ambiante et s’adonner à quelques nouvelles saveurs sans pour autant trahir son/sa partenaire.

Mais attention, pour moi, pas l’ombre d’un quelconque engagement en vue ! Je veux simplement élever la voix ou plutôt appuyer ma plume pour mettre en exergue la définition (trop) fréquente de la fidélité qui enferme les couples dans un carcan. Elle se dessine comme un terme péjoratif.

L’infidélité comme un jeu ?

Il est vrai qu’on a tendance à instaurer tout naturellement un clivage entre la liberté du célibataire et l’emprisonnement du couple qui se doit d’être fidèle. Combien parlent du fait de «se passer la corde au cou» lorsqu’il s’engage maritalement ? Et que dire de l’expression « enterrer sa vie de célibataire« …

Je veux simplement mettre un point d’honneur au fait que cette représentation est souvent fausse et que l’infidélité peut devenir, pour certains, un jeu, renforçant les liens qui nouent deux individus tout en affrontant les «interdits» et en détournant les cadres que s’imposent souvent les couples eux-mêmes, en débutant leur relation.

L’amour entre deux personnes peut se transformer, avec le temps, différemment qu’en une organisation patrimoniale et familiale. Certes la pression sociale peut nous pousser avec son éternel : « il est temps que tu te maries et que tu aies des enfants… ! » mais ce martèlement psychologique de nos proches nous ferait-il oublier l’essentiel dans un couple ? S’éclater… pour s’oublier… pour s’évader… pour se retrouver… pour se rapprocher… !!

Le libertinage comme solution pour remédier à la monotonie ?

Une fois l’ordre social établi aux yeux des autres et si la culpabilité est trop grande pour oser affirmer un panel plus large d’expériences, rien n’empêche de vivre secrètement quelques aventures consenties et ainsi pimenter une routine qui s’installe. Pas la peine d’en venir au besoin de performance et à la vantardise, l’enjeu étant notre propre bonheur et non le regard des autres empli d’à priori…

Partager à deux : un plus à risque

L’espèce humaine n’est pas une espèce fidèle, c’est un choix.

La fidélité est respectable, car choisir, c’est renoncer…
Mais avis à ceux qui aimeraient s’adonner à de nouveaux plaisirs… Partager à deux n’est pas tromper, cela devient un bonus, un plus, en échange, un vécu supplémentaire. L’infidélité n’est pas trahison, le tout étant d’avoir défini au préalable les limites qu’on lui donne. Mais n’oublions pas que rien ne peut remplacer l’apprentissage de deux corps amoureux et désireux l’un de l’autre.

Les rituels, ces échanges habituels et indispensables qui fondent notre vie sexuelle accentuent de jour en jour la connaissance de notre intimité et nos rapports coutumiers. Seuls les couples dotés d’un potentiel érotique élevé, peuvent se permettre d’explorer les marges, de mettre les mains en dehors des lignes, de se nourrir mutuellement d’une curiosité qui n’est en réalité, -pour dédramatiser le sujet-, qu’une insatisfaction, qu’une découverte superficielle qui ne devrait pas faire vaciller la solidité d’un couple.

L’infidélité : valeur anti-érotique ?

Finalement, « détabouiser » l’infidélité, c’est s’attacher à cet aspect de la vie comme à une passion.
Prenons la musique. Pourquoi se priver de la diversité des rythmes qui peuvent nous faire vibrer ? Sachant que s’explorer soi-même et explorer l’autre est le fruit d’un Amour et non d’un passage régulier de partenaires que l’on ne fait qu’effleurer sans s’imbiber de leur couleur et de leur singularité…
D’un autre côté, nos rituels se sclérosent très vite et innover peut permettre d’ajouter un nouveau ton, éphémère, mais présent dans l’esprit, repoussant toute idée de lassitude.

L’infidélité est tout de même un anti-érotisme, qui a besoin pour mûrir, de se nourrir d’un long cheminement affectif qui favorisera le « lâcher prise », la technique et les pratiques mais le changement peut aussi avoir des effets bénéfiques en faisant évoluer le degré d’imagination, de créativité donc de désir du couple.

A vous de vous engager vers la voie qui vous correspond !

Photo crédit : Image extraite de l’ouvrage de Ressan : Paris Libertin en vente sur Piment Rose

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Nathalie Giraud Sexotherapeute
Nathalie Giraud Sexotherapeute

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