Onanisme et masturbation

30 Août 2014
Il convient avant tout de faire la distinction entre onanisme et masturbation, distinction capitale puisque c’est à cause d’elle qu’on s’est figuré que la masturbation était un péché condamné par la Bible, qui n’en parle pas.Dans Le Lévitique , où Moïse énumère toutes les causes d’impureté, et toutes les pénitences nécessaires pour s’en purifier, il y a des articles punissant la sodomie, le coït avec une femme ayant ses règles ou avec un animal, mais on ne trouve pas d’interdit de se masturber. La seule allusion, dans la Genèse , se rapporte à Onan, un des trois fils de Juda.

Son frère aîné Her étant mort sans enfants, son père Juda lui ordonna de coucher avec sa belle-soeur Thamar pour lui faire tout au moins un garçon qui s’appellerait aussi Her. Mais Onan, révolté de cette exigence le réduisant à n’être que le substitut d’un autre, au moment de ses rapports sexuels avec Thamar se retirait à l’approche de l’éjaculation et versait sa semence à terre. « Le péché d’Onan », dont on a tant parlé à tort ou à raison, ce n’était pas de se masturber – rien ne précise dans le texte biblique qu’il le faisait au lieu de se conjoindre à Thamar – mais de pratiquer le coït interrompu afin de ne pas engrosser sa femme.

Par un étrange abus d’interprétation et une erreur persistante, on a appelé onanisme le plaisir qu’on prend en l’absence de tout partenaire qui le fait naître et le stimule. En réalité, le péché d’Onan peut être commis par un homme avec une femme : il suffit pour cela qu’il mette un préservatif qui recueillera tout son sperme et l’empêchera de féconder sa compagne.

Mais Onan péchait en fonction de la loi juive du lévirat, qui lui imputait à crime de refuser d’assurer une descendance à son frère aîné. Même le coït interrompu n’était pas tenu pour un péché dans tous les cas, puisqu’il fut admis comme procédé anticonceptionnel par des rabbins du Moyen Age, le conseillant au mari dont la femme allaitait un enfant.

C’est ainsi une fausse exégèse, tendancieuse et subjective, qui a porté des théologiens et des médecins à invoquer l’onanisme comme synonyme de masturbation, en vue de donner à cette activité une connotation irreligieuse et de la rendre aussi réprouvable qu’un blasphème.

Avec l’aimable autorisation des éditions « Le jardin des livres »
Extrait de la « Sexualité de Narcisse »

Posté par Serane Alexandrian
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Nathalie Giraud Sexotherapeute
Nathalie Giraud Sexotherapeute

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